Le lac Pukaki se trouve à l’extrémité sud du bassin du Mackenzie, et la plupart des visiteurs ne le découvrent que vingt minutes depuis un parking. Ces vingt minutes suffisent : le belvédère sud met en avant le bleu le plus saturé des trois grands lacs du Mackenzie, avec l’Aoraki droit devant au bout du lac par temps clair. C’est l’une des haltes les plus rentables de toute l’île du Sud, car elle se trouve directement sur la route que la plupart des gens empruntent déjà.
La couleur vient de la roche, pas de minéraux
Le turquoise est causé par la farine de roche : de fines particules arrachées aux Alpes du Sud par les glaciers Tasman, Hooker et Mueller, puis transportées jusqu’au lac par les rivières de fonte glaciaire. Contrairement au sable ou au limon, la farine de roche est assez fine pour rester en suspension dans l’eau plutôt que de couler. Ainsi en suspension, elle diffuse la lumière du soleil, et les longueurs d’onde renvoyées à l’œil apparaissent comme un bleu-vert intense.
Il vaut la peine de le préciser clairement, car l’explication courante, selon laquelle la couleur viendrait de minéraux dissous, est fausse. Les minéraux dissous ne diffusent pas la lumière de la même manière, et les lacs alimentés par des sources à minéraux dissous ailleurs dans le monde n’ont pas cet aspect. La couleur varie aussi selon les conditions : elle est la plus intense par lumière vive et directe, et les jours où la fonte glaciaire alimente davantage le lac, ce qui correspond généralement à la fin du printemps et à l’été. Par temps couvert, ou en hiver quand l’apport en eau de fonte diminue, le même lac peut paraître nettement plus terne.
Le lac Tekapo, à 45 minutes au nord, tient sa couleur du même processus de farine de roche, alimenté par des glaciers différents. La plupart des visiteurs jugent le Pukaki plus régulièrement saturé des deux, même si les deux valent le détour si le temps le permet.
Le belvédère, et ce que l’on regarde vraiment
L’arrêt principal est un belvédère signalé à l’extrémité sud du lac, juste au carrefour de la State Highway 8 et de la State Highway 80. C’est gratuit, il y a de la place pour les voitures et les camping-cars, et cela ne demande aucune vraie marche. Par temps clair, la vue s’étend sur toute la longueur du lac, plus de 30 kilomètres, jusqu’à l’Aoraki à l’autre bout. Par temps nuageux ou brumeux, le sommet n’est tout simplement pas visible, et aucune attente n’y changera rien.
Les matinées offrent généralement les meilleures chances. Les nuages ont tendance à s’accumuler contre les Alpes du Sud au fil de la journée, si bien qu’un ciel dégagé à l’aube ou en milieu de matinée se couvre souvent en milieu d’après-midi, en particulier en été. Si l’Aoraki est la raison de l’arrêt, mieux vaut prévoir la visite en première partie de journée plutôt qu’en fin de journée, et considérer une vue dégagée comme un bonus plutôt qu’une garantie, comme pour toute montagne de cette région de la Nouvelle-Zélande.
Pour observer la montagne de plus près, plusieurs prestataires proposent des vols au départ du bassin du Mackenzie, survolant l’Aoraki et les glaciers plutôt que de les regarder depuis l’autre rive du lac.
un vol panoramique de 50 minutes au-dessus de l’Aoraki et des glaciers environnants
couvre bien plus qu’un simple arrêt au belvédère, et un
vol panoramique similaire au départ d’un aérodrome plus proche de la montagne
fonctionne les jours de beau temps. Les deux dépendent de la météo et peuvent être annulés ou retardés en cas de nuages bas ; ils conviennent donc mieux à un voyage avec une journée tampon qu’à un programme serré.
Y aller depuis Queenstown
Le lac se trouve directement sur l’itinéraire habituel entre Queenstown et Mount Cook Village, sans aucun détour nécessaire. La route passe par Cromwell, franchit le col de Lindis jusqu’à Omarama, puis rejoint le belvédère.
| Étape | Distance | Temps de trajet |
|---|---|---|
| Queenstown à Cromwell | 60 km | 45 min |
| Cromwell à Omarama (via le col de Lindis) | 90 km | 1 h 10 |
| Omarama au belvédère de Pukaki | 40 km | 30 min |
| Belvédère de Pukaki à Mount Cook Village | 65 km | 50 min |
Le trajet total jusqu’au belvédère dure environ 2 h 30 sans arrêt, et plutôt 3 h 15-3 h 30 jusqu’à Mount Cook Village en comptant les arrêts photo et la ferme de saumons. Il y a des stations-service à Cromwell, Omarama et Twizel, mais aucune entre ces villes : faites le plein avant Omarama si vous continuez vers la montagne.
Pour en savoir plus sur cet itinéraire et les conditions plus loin, consultez le guide dédié de Queenstown à Mount Cook ainsi que les notes générales sur la conduite dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. La plupart des contrats de location couvrent cette route sans restriction ; les détails figurent dans le guide de location de voiture à Queenstown.
Poursuivre vers Mount Cook Village par la SH80
La State Highway 80 bifurque au belvédère et longe la rive est du lac sur 65 km jusqu’à Mount Cook Village, avec le lac d’un côté et les Alpes en ligne de mire presque tout le long de la route. Elle est goudronnée sur toute sa longueur et ne nécessite pas de véhicule à haute garde au sol, contrairement à certaines routes de l’arrière-pays plus au sud autour de Queenstown.
La plupart des personnes qui font ce trajet se dirigent vers la Hooker Valley Track, la randonnée la plus connue de la région, ou vers le glacier Tasman, le plus long du pays, dont le lac terminal grandit régulièrement depuis son apparition dans les années 1970. Twizel, à cinq minutes du belvédère, est la dernière ville disposant d’un supermarché et d’un choix correct d’hébergements avant le village lui-même ; il vaut la peine de consulter les activités autour de Twizel si l’on y fait étape plutôt que de continuer le jour même.
Le saumon des canaux
La région autour du lac Pukaki est traversée par un réseau de canaux hydroélectriques reliant les lacs du Mackenzie, et ces canaux servent aussi à élever du saumon en enclos immergés, profitant d’une eau froide, claire et à fort courant. Une boutique et un café en bord de route, sur le réseau de canaux, vendent le saumon frais, fumé, en sashimi ou en makis, et c’est une halte déjeuner habituelle pour les voyageurs de passage plutôt qu’une visite de l’exploitation. C’est un endroit raisonnable pour manger sans faire de détour, et l’une des rares options de restauration entre Twizel et Mount Cook Village.
Quand y aller, et quand ce n’est pas la peine de s’arrêter
Le lac lui-même mérite un coup d’œil en toute saison, puisque la couleur due à la farine de roche est présente toute l’année, même si elle est généralement la plus intense de la fin du printemps à l’été, lorsque la fonte glaciaire est à son maximum. Ce qui est saisonnier, c’est la montagne : l’Aoraki est plus souvent dans les nuages que dégagé, et cela reste vrai toute l’année, pas seulement en hiver. Consulter les prévisions pour le bassin du Mackenzie avant de partir, et considérer un sommet dégagé comme un coup de chance plutôt qu’un plan garanti, évite la déception d’arriver devant un lac sans montagne derrière.
Le vent est un autre facteur à connaître. Le bassin du Mackenzie est exposé et peut être franchement venteux, ce qui aplatit les reflets du lac semblables à un miroir et rend le parking du belvédère peu agréable pour s’attarder. Le début de matinée est généralement plus calme que l’après-midi.
Pour les visiteurs qui passent la nuit dans la région, le même air limpide qui offre de belles vues de jour permet aussi des ciels nocturnes réellement sombres. Le lac se trouve dans la réserve de ciel étoilé Aoraki Mackenzie, et l’observation des étoiles y est nettement supérieure à ce qui est possible autour de Queenstown même ; voir la comparaison entre l’observation des étoiles à Tekapo et à Queenstown pour savoir comment les deux se comparent. Un prestataire propose un dîner directement au bord du lac avec une séance d’observation des étoiles incluse :
une soirée dîner et observation des étoiles au bord du lac Pukaki
associe un repas assis à de l’observation du ciel nocturne, sans avoir besoin de réserver un observatoire séparément. Pour ceux qui préfèrent voir les montagnes depuis les airs plutôt que le ciel de nuit, un
vol en hélicoptère avec atterrissage alpin près de l’Aoraki
est ce qui se rapproche le plus, pour la plupart des visiteurs, d’une approche des hauts sommets sans expérience d’alpinisme, sous réserve de la météo.
Lac Pukaki face au lac Tekapo
Les deux lacs se trouvent dans le bassin du Mackenzie, sont tous deux alimentés par la farine de roche, et figurent dans les mêmes itinéraires de road trip, mais ce ne sont pas des étapes interchangeables.
| Lac Pukaki | Lac Tekapo | |
|---|---|---|
| Couleur | Généralement le turquoise le plus saturé des lacs du Mackenzie | Un bleu plus pâle, parfois plus laiteux |
| Agglomération sur la rive | Aucune ; Twizel se trouve à cinq minutes | Le village de Lake Tekapo, avec cafés et hébergements |
| Vue emblématique | L’Aoraki droit au bout du lac | L’église du Bon Pasteur, l’observatoire du mont John |
| Visite type | Un court arrêt en cours de route | Une étape pour la nuit, restaurants, observation des étoiles organisée |
Le Pukaki convient à un arrêt court et bien programmé au cours d’un long trajet. Le Tekapo convient à une étape pour la nuit. Faire les deux le même jour, ce qui est courant sur l’itinéraire entre Queenstown et Mount Cook ou Christchurch, permet de couvrir les deux sans beaucoup de trajet supplémentaire, puisqu’ils sont distants de moins d’une heure. La planification plus large du voyage est traitée dans les guides sur la meilleure période pour visiter Queenstown et la météo de Queenstown mois par mois, tous deux utiles avant de fixer une date pour l’étape du Mackenzie en particulier.
Visiter le lac Pukaki : questions fréquentes
Pourquoi le lac Pukaki est-il si bleu ?
En amont, les glaciers broient la roche en particules extrêmement fines, appelées farine de roche, que les rivières de fonte transportent jusqu’au lac. Les particules restent en suspension au lieu de se déposer, et elles diffusent la lumière d’une manière qui produit ce turquoise saturé. Cela n’est causé ni par des minéraux dissous ni par quoi que ce soit ajouté à l’eau.
Peut-on se baigner dans le lac Pukaki ?
Oui, et certains le font près de la cale de mise à l’eau à l’extrémité sud, mais l’eau est glaciaire et froide toute l’année, même en été. C’est une trempette rapide plutôt qu’une vraie baignade, et il n’y a pas de surveillants.
Y a-t-il une ville au bord du lac Pukaki ?
Non. Il n’y a aucune agglomération directement sur le lac. Twizel, avec ses stations-service, supermarchés et hébergements, se trouve à environ cinq minutes du belvédère sud, et le village de Lake Tekapo à environ 45 minutes au nord.
Faut-il faire un détour spécial pour voir le lac Pukaki ?
Non. Le belvédère sud se trouve exactement là où la State Highway 8 rejoint la State Highway 80, sur l’itinéraire direct entre Queenstown et Mount Cook Village. Presque tous ceux qui se rendent à l’Aoraki y passent sans allonger leur trajet.
La ferme de saumons est-elle ouverte aux visiteurs ?
Il y a une boutique et un café en bord de route sur le réseau de canaux près du lac, qui vendent du saumon d’élevage, des sashimis et des makis de saumon ; c’est une halte habituelle pour les voyageurs de passage. C’est un point de vente et de restauration, pas une visite guidée de l’exploitation.
Où trouver le meilleur point de vue pour photographier le lac Pukaki et l’Aoraki ensemble ?
Le belvédère signalé à l’extrémité sud du lac, juste à côté du carrefour SH8/SH80, offre la vue classique tout au long du lac jusqu’à l’Aoraki. Cela ne fonctionne que par temps clair ; le sommet est souvent dans les nuages, surtout l’après-midi.
Le lac Pukaki est-il plus bleu que le lac Tekapo ?
La plupart des visiteurs et des photographies classent le Pukaki comme le plus saturé des deux. Les deux lacs doivent leur couleur au même phénomène de farine de roche, mais l’eau du Pukaki est généralement perçue comme un turquoise plus profond et plus régulier, tandis que le Tekapo peut paraître plus laiteux.


